Le procès

Texte : Krystian Lupa d’après « Le procès » de Franz Kafka
Mise en scène : Krystian Lupa
Durée : 4h30 (deux entractes)

Odéon – Théâtre de l’Europe
28 09 2018

Une représentation fleuve de 4h30 : le metteur en scène Krystian Lupa propose une adaptation dense et détaillée du roman de Kafka. Un matin Joseph K. est accusé d’un crime dont il ne connait même pas la nature. Finalement embarqué dans un procès sans queue ni tête il cherche tant bien que mal à prouver son innocence. Le spectateur assiste alors à la déchéance du héros qui se fait progressivement manger par une machine administrative complètement absurde. La mise en scène qui alterne projections en animation 3D et décors austères délimités sur scène par une ligne rouge lumineuse retranscrit la sensation d’un cauchemar éveillé.

Après la répétition

Texte : D’après le texte « Après la répétition » d’Ingmar Bergman
Mise en scène : (de et avec) Georgia Scalliet de la Comédie-Française et Frank Vercruyssen
Durée : 1h15

Théâtre de la Bastille
12 11 2018

Il y a Anna, la fille de la comédienne Rakel Egerman qui jouait dans la pièce d’Henrik Vogler. Aujourd’hui, la mère disparue, c’est la fille qui joue le même rôle dans la même pièce. Au cours d’une conversation les langues se délient et elle interroge le metteur en scène sur sa mère, sa personnalité et leur relation amoureuse d’il y a vingt trois ans.

Dans la pièce qui se déroule devant nous, la comédienne Georgia Scalliet interprète la fille puis la mère et donne vie à un personnage torturé d’actrice sur le déclin qui tente de reconquérir sur tous les plans l’homme qui l’a aimé. L’écriture du texte frappe par sa précision et retranscrit de manière instantanée la nature de la relation ambigüe qui lie parfois un metteur en scène à son actrice.

Hate

Texte : Laetitia Dosch
Mise en scène : Laetitia Dosch & Yuval Rozman
Durée : 1h15 env.

Les amandiers – Nanterre
20 09 2018

Laetitia Dosch égale à elle-même dans un spectacle tout en sensibilité se met à nu et nous présente son compagnon, son cheval Corazon. Elle le questionne, elle l’embrasse, elle se dispute avec lui, elle parle à sa place, elle lui donne des carottes et s’invente un amour d’égal à égal pour tenter d’accéder à un bonheur qui n’existe peut-être pas. La mise en scène sur fond d’aquarelle bucolique un brin kitsch nous transporte avec le couple dans cette utopie.

Le père

Texte : d’après « L’Homme incertain » de Stéphanie Chaillou
Mise en scène : Julien Gosselin
Durée : 1h15

MC93 – Maison de le Culture de Seine-Saint-Denis
13 09 2018

C’est un court monologue, dit par le comédien Laurent Sauvage. Il s’agit d’un père, un agriculteur qui nous livre un retour sur sa vie. Des thèmes tels que l’enfance, le rapport à la paternité et l’évolution de la société sont abordés de manière très sombre, grave. La mise en scène est épurée : un rectangle de pelouse encadré de néons qui délimitent un champ, un jardin ou un terrain de foot parfois noyé dans une fumée et une bande-son assourdissantes.

Un jour j’ai rêvé d’être toi

Texte : Anaïs Muller
Mise en scène : Anaïs Muller et Bertrand Poncet
Durée : 1h15

Avignon (off) – Théâtre du train bleu
21 07 2018

Il s’agit d’une conversation entre deux comédiens : Ange (Anaïs Muller) et Bert (Bertrand Poncet) au cours de laquelle plusieurs sujets sont abordés comme les difficultés du métier d’acteur ou la connaissance de soi même. Les deux amis discutent sans se comprendre parfois ni totalement s’écouter, ils se font répéter aussi. On saisit peu à peu que certains de leurs rêves se sont fanés mais cela ne les empêche pas de faire preuve de beaucoup d’humour. À quoi bon rêver d’être quelqu’un d’autre si on ne sait pas qui on est déjà?

De dingen die voorbijgaan (Les choses qui passent)

Texte : d’après Louis Couperus
Mise en scène : Ivo van Hove
Durée : 2h10

Avignon (in) – Cour du Lycée Saint Joseph
20 07 2018

La pièce raconte l’histoire d’une famille dont les terribles secrets remontent à la surface. Dans une atmosphère pesante les personnages se livrent et confient qu’ils ne se sont jamais remis des atrocités commises, il y a 60 ans au sein du cercle familiale. L’horloge installée en fond de scène rythme les différents tableaux. Son tic tac écrasant nous fait ressentir la peur du temps qui passe et semble étrangler tous les personnages.

Nous sommes les petites filles des sorcières que vous n’avez pas pu brûler

Texte : Christine Delmotte
Mise en scène : Christine Delmotte
Durée : 1h15

Avignon (off) – l’Épiscène
20 07 2018

La bataille des suffragettes en Angleterre pour le droit de vote, les féministes en France et leur combat pour le droit à l’avortement, l’histoire de la jeune Malala qui se bat pour le droit à l’éducation des filles et les Femens en Ukraine contre la dictature : quatre faits historiques contés par quatre comédiennes qui incarnent tour à tour des personnages clés dans le combat pour les droits des femmes. L’histoire avance mais parfois elle recule. C’est que nous montre cette pièce, avec les moyens du bord en terme de scénographie mais le discours est là.